PARTI COMMUNISTE REVOLUTIONNAIRE VOLTAIQUE

Le parti de l'action révolutionnaire

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Pensée brève

La force du mouvement national est fonction du degré de participation à ce mouvement des vastes couches de la nation, du prolétariat et de la paysannerie.

La révolution prolétarienne et le renégat KAUTSKY

Editions en langues étrangères. PEKIN 1970 - Page34

DECLARATION A L’OCCASION DU HUITIEME ANNIVERSAIRE DE L’ASSASSINAT DU JOURNALISTE NORBERT ZONGO

30 novembre 2006 --- Par PCRV

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Treize décembre 2006 ! Cela fera huit ans que le crime crapuleux et abominable de Sapouy contre Norbert ZONGO et ses compagnons d’infortune a été commis par les hommes de main du Pouvoir de la IV° République. Cela fait également huit ans que les assassins et leurs commanditaires courent malgré le fait que la Commission d’enquête indépendante mise en place par le Capitaine Blaise COMPAORE, sous la pression du mouvement « Trop c’est trop » ait réuni suffisamment d’éléments clairs et précis pour permettre à la justice de les identifier, les inculper et les juger . Mieux, crime sur le crime s’il en est, le Capitaine Blaise COMPAORE élu par moins de 15% de la population de la Haute Volta dite Burkina Faso dans le cadre d’une mascarade électorale boycottée massivement par la classe ouvrière, la jeunesse et le peuple, a entrepris un passage en force pour tenter d’enterrer cette affaire qui comme le dit son premier ministre Paramanga « n’a que trop duré ». Mais cette tentative grotesque orchestrée par une justice aux ordres, couverte d’opprobre s’est heurtée à la colère populaire et à une protestation unanime de notre peuple, des peuples d’Afrique et du monde et même de la part des alliés impérialistes du pouvoir que sont la France, les USA et autres. Même leurs alliés du clergé catholique n’ont pu empêcher les laïcs et la base du clergé de rejeter le non lieu lors du colloque sur la justice et la paix sociale qui vient de se tenir à Ouagadougou. Blaise COMPAORE s’est pris dans son propre jeu en croyant qu’il avait été réélu démocratiquement et que le pouvoir de la IV° République jouissait d’une popularité pouvant permettre de passer le crime odieux de Sapouy en perte et profit. Mais que neni.

Le crime de Sapouy a été le catalyseur d’un mouvement populaire profond et inédit qui gagne en maturité, en ampleur et en profondeur. Plus que jamais la crise révolutionnaire n’a été aussi profonde qu’en ce huitième anniversaire du crime de Sapouy :

  • la lutte contre la vie chère, la corruption, les dénis de justice et pour les libertés démocratiques s’est élargie et approfondie avec le renforcement de l’unité syndicale, le développement des luttes unitaires qui englobent des centaines de milliers de travailleurs, de jeunes, de femmes et de gens du peuple tout court et sur toute l’étendue du territoire. Ce mouvement a gagné en conscience et sa plate forme s’est enrichie de la lutte contre l’impunité des crimes de sang et des crimes économiques, pour les candidatures indépendantes. Ce mouvement a accru la confiance de la classe ouvrière et du peuple en ses propres forces et en sa capacité à vaincre avec les acquis arrachés lors des luttes de septembre sur le prix des hydrocarbures, les avancements, les allocations familiales etc.
  • la lutte contre l’impunité des crimes de sang et des crimes économiques, pour la vérité et la justice dans l’affaire Norbert ZONGO et les autres crimes de sang à travers le Collectif également, s’est approfondie comme en témoigne le rejet massif du non-lieu prononcé par la justice aux ordres du clan COMPAORE et des groupes maffieux de la IV° République. La lutte contre l’impunité a été intégrée dans la plate forme unitaire des centrales syndicales et syndicats autonomes du pays, ce qui est une avancée significative du mouvement trop c’est trop.
  • La lutte pour les libertés politiques, pour les candidatures indépendantes et pour l’autonomie administrative et politique régionale a pris une dimension particulière avec les élections qui se sont tenues durant l’année (présidentielles et communales). La classe ouvrière et le peuple ont boycotté massivement ce processus non seulement en ne participant pas aux votes mais en manifestant et en organisant des luttes pendant les élections pour leur droits démocratiques et sociaux, pour les candidatures indépendantes, le droit des citoyens à choisir leurs représentants librement et pour une véritable autonomie administrative et politique régionale.

Ces luttes qui prennent de plus en plus une grande ampleur et qui secouent toutes les couches profondes de notre société, viennent aggraver la crise révolutionnaire et traduisent la volonté de notre peuple d’instaurer un changement fondamental en sa faveur. Lors des luttes contre le port obligatoire du casque et contre la vie chère, les appels au changement ont été exprimés massivement par notre peuple, traduisant ainsi le fait que l’essor révolutionnaire des masses connaît un nouveau développement et que les matières s’accumulent pour un sursaut patriotique et salvateur contre le pouvoir exécré de la IV° République de Blaise COMPAORE.

Il apparaît clairement en ce huitième anniversaire, que le Régime de la IV° République ne peut pas faire la lumière sur l’affaire Norbert ZONGO car ce crime, tout comme les autres crimes de sang, a été commis par le régime du Capitaine Blaise COMPAORE au profit des dignitaires du pouvoir lui-même. Lorsqu’on voit les noms qui sont cités en dehors des exécuteurs de basses besognes qui ont directement commis le crime, on voit apparaître François COMPAORE, l’homme que Norbert lui même appelait « petit président », Oumarou KANAZOE, un des opérateurs économiques et homme clé du système COMPAORE, Frank Alain KABORE, celui-là même qui était impliqué dans les affaires louches des « têtes coupées » et ainsi de suite. Ce crime est lié à la question du pouvoir auquel le capitaine Blaise COMPAORE est rivé comme une sangsue depuis le coup d’état sanglant du 15 octobre 1987. En effet, si on s’en tient aux rumeurs, David OUEDRAOGO aurait été torturé et tué non pas pour vol d’argent mais parce-qu’il aurait surpris des pratiques barbares et occultes au sinistre Conseil de l’Entente. Mais quand des gens du pouvoir procèdent à ce type de rite, c’est justement pour préserver leur pouvoir.

Le Comportement de la justice confirme encore une fois que l’Etat néocolonial et ses institutions sont aux services du clan mafieux et minoritaire au pouvoir. C’est cette même justice qui a déclaré le non-lieu dans l’affaire Norbert ZONGO, qui se permet de juger des commerçants poursuivis par Oumarou KANAZOE pour une affaire de 50 millions de F CFA. Il apparaît clairement dans cette affaire que le Capitaine Blaise COMPAORE, Ouamrou KANAZOE et les commerçants incriminés sont passibles de poursuite judiciaire pour corruption active et passive. On ne peut donc rien attendre de bon d’une telle justice dont la corruption et la veulerie ont traversé les frontières soulevant même l’indignation de l’ex-ambassadeur de France Mr Blondet.

Dans ces conditions que faire ? Quelle est l’alternative que propose le PCRV ?

Il apparaît clairement, aux yeux de tous, que les institutions de la IV°e République ont failli. La crise traverse toutes ces institutions, depuis le parlement en passant par l’armée jusqu’aux partis politiques bourgeois réactionnaires au pouvoir ou non au pouvoir. Les réformes politiques entreprises comme solution à la crise ont fait long feu et ont fait la preuve qu’il n’est pas possible de réformer cette République mafieuse à la solde d’un clan aux mœurs politiques barbares. La IV° République est gérée par une bourgeoisie antinationale agissant comme une armée d’occupation, incapable de répondre aux justes aspirations de notre peuple ; elle est aujourd’hui un obstacle fondamental à la justice, aux progrès et à la liberté pour notre peuple ;

Avec Blaise COMPAORE et ce régime, il y aura toujours l’impunité des crimes de sang et des crimes économiques car ces crimes sont le fondement même du régime qui est né avec les mains ensanglantées (assassinat du capitaine Thomas SANKARA et ses compagnons, massacres de Koudougou, assassinat de Oumarou Clément OUEDRAOGO, tortures et assassinats de DABO Boukary etc.) et qui s’est construit sur les crimes de sang et les crimes économiques et sur la base de le terreur contre le peuple et les opposants, la corruption généralisée sur fond d’impunité totale. Aujourd’hui, peu de gens du peuple et même autour du pouvoir croient encore en la capacité de ce pouvoir à leur apporter quoi que ce soit.

La seule alternative crédible et viable à la faillite totale de la IV° République de Blaise COMPAORE, est la lutte pour son renversement, l’instauration d’un Gouvernement Révolutionnaire Provisoire (GRP) et d’une Constituante, pour l’édification d’une République Démocratique et Moderne (RDM). Pour cela, le PCRV propose la seule voie sérieuse, rompant avec les illusions petites bourgeoises, putschistes, réformistes et électoralistes : la voie du soviétisme et de l’Insurrection générale armée du peuple. La classe ouvrière et le peuple n’ont pas de sauveur miraculeux (l’histoire a montré que ce type de sauveur finit par prendre le peuple et le pays en otage : exemple Blaise COMPAORE), ils sont leur propre sauveur. Notre avenir, l’avenir de notre pays dépend de notre capacité à créer un puissant mouvement populaire et révolutionnaire qui englobe la classe ouvrière, la paysannerie pauvre, la jeunesse et le peuple sous la direction prolétariat et de son Parti Marxiste Léniniste pour aller à l’assaut de l’Etat néocolonial et de l’impérialisme notamment français, principal allié du régime.

Dans ce sens, il nous faut renforcer le Collectif des Organisations Démocratiques de Masses et de Partis politiques en luttant contre l’opportunisme et les illusions réformistes, électoralistes et putschistes, pour relancer la lutte contre l’impunité des crimes de sang et des crimes économiques en tant que composante du mouvement populaire qui se développe et contribuer à la fusion de toutes les protestations et les mécontentements en un puissant mouvement pour créer le rapport de force nécessaire à la conquête de leurs droits , à la réouverture de la procédure et au jugement des auteurs du crimes de Sapouy et de leurs commanditaires et pour la vérité et la justice sur tous les crimes commis par le régime de Blaise COMPAORE. Le PCRV appelle la classe ouvrière, la jeunesse et le peuple à sortir nombreux pour participer aux activités commémoratives du huitième anniversaire de l’assassinat de Norbert ZONGO et ses compagnons d’infortune et pour exiger la vérité et la justice pour Norbert ZONGO, DABO Boukary, Thomas SANKARA et tous les crimes de sang et économiques.

Vérité et justice pour Norbert ZONGO et ses compagnons et pour les autres crimes !

Pain et liberté pour le peuple !

Novembre 2006


De l'eau, du pain, des soins pour le peuple !

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