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La révolution prolétarienne et le renégat KAUTSKY

Editions en langues étrangères. PEKIN 1970 - Page34

DECLARATION SUR LA RENTREE SCOLAIRE ET UNIVERSITAIRE 2006-2007

30 novembre 2006 --- Par PCRV

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L'entrée de classes d'une école La rentrée scolaire et universitaire 2006-2007 s’est effectuée dans un contexte de montée des luttes sociales face à une série de mesures antidémocratiques et antisociales du Gouvernement de la IV°République : non-lieu dans l’affaire Norbert ZONGO, augmentation du prix des produits de grande consommation (hydrocarbures, électricité, transport et d’autres biens et services), port obligatoire du casque, augmentation des frais de scolarité par les propriétaires d’établissements privés etc. La riposte populaire, particulièrement au niveau du monde du travail, a contraint le Gouvernement à céder sur une partie des revendications notamment en ce qui concerne les hydrocarbures (baisse du prix de l’essence, du diesel et du pétrole lampant), une hausse du SMIG de 6,5 % et du taux de l’allocation familiale de 1000 F CFA/ enfant et la promesse de payement des arriérés d’avancement des agents publics etc. Par ces mesures, le Gouvernement espère faire retomber la tension et faire passer l’essentiel des orientations ultra-libérales, qui lui sont dictées par les institutions impérialistes que sont le FMI et la Banque Mondiale.

Dans le domaine de l’éducation, ces orientations se traduisent par le désengagement de l’Etat et la privatisation à outrance de ce secteur. La présente rentrée est caractérisée par l’accomplissement de pas supplémentaires dans cette politique de remise en cause du droit constitutionnel des enfants du peuple à l’éducation. En effet, à la faveur de la mise en œuvre de sa « décentralisation intégrale », le pouvoir ambitionne rejeter les charges d’éducation de base, dans un premier temps, ainsi que celles de santé, totalement sur le dos du peuple, sous le couvert de « transfert de compétences » et de « responsabilisation citoyenne des populations ». Dans cette même optique, les sous-secteurs des enseignements secondaire et supérieur seront soumis à une privatisation quasi systématique.

Au primaire, le Plan Décennal de Développement de l’Éducation de Base (PDDEB) qui a été présenté comme la panacée à tous les maux de notre système éducatif prévoit de :

  • faire participer les jeunes écoliers aux activités productives de leur communauté afin de contribuer à une meilleure prise en charge de l’école ;
  • mettre au point un cadre juridique de recrutement et de gestion des nouveaux maîtres ;
  • exploiter ce cadre juridique de gestion des maîtres pour la mise en place et le suivi de diverses modalités de recrutement des maîtres par les collectivités décentralisées, les ONG et le privé ;
  • faire participer les communautés de façon plus importante à l’effort de construction des écoles ;
  • déléguer le recrutement des maîtres aux communautés qui seront parfois pris en charge directement par celles-ci ;
  • organiser le recrutement, la formation et la gestion de la carrière des enseignants par les communautés de base ;
  • améliorer et renforcer la participation des collectivités à la prise en charge administrative, financière et pédagogiques des écoles ;
  • créer un fonds d’appui pour l’octroi de subventions aux initiatives privées situées dans les zones particulièrement défavorisées ;
  • mettre en place des mesures incitatrices susceptibles d’encourager la création et le bon fonctionnement d’écoles privées ;

Toutes ces mesures devront être renforcées avec la mise en œuvre de la décentralisation qui prévoit le transfert de la gestion de l’enseignement de base aux collectivités locales sans les ressources publiques adéquates pour cela.

Cette opération a connu un début d’application avec le transfert des compétences et des ressources au niveau des domaines du préscolaire, de l’enseignement de base et de l’alphabétisation, de la santé, de la culture, de la jeunesse, des sports et des loisirs aux communes urbaines par décret. (Cf. décret N°2006-209/PRES/PM/MATD/MFB/MEBA/ MASSN/MJE/MCAT/MSL en date du 30 juin 2006).

En ce qui concerne les domaines du préscolaire, de l’enseignement de base et de l’alphabétisation, les compétences ci-dessous sont transférées aux communes urbaines :

  • la prise en charge du développement de l’enseignement préscolaire : acquisition, construction et gestion des établissements préscolaires ;
  • la prise en charge du développement de l’enseignement primaire dans le ressort communal : construction ou acquisition et gestion des écoles primaires ;
  • la prise en charge du développement de l’alphabétisation : construction ou acquisition et gestion des centres permanents d’alphabétisation fonctionnelle.

Sont transférées aux communes urbaines, les structures et les infrastructures devant servir à l’exercice des compétences transférées.

Le transfert des compétences de l’Etat aux collectivités territoriales est régi par la règle de la progressivité. Ce qui ouvre grandement la porte au désengagement de l’Etat des charges éducatives sur le dos des communautés dans un pays où plus de 46% de la population vit au dessous du seuil de pauvreté avec moins de 250 F CFA par jour soit 0,38 Euros.

Selon une étude menée sur l’évaluation conjointe de l’appui extérieur à l’éducation de base au Burkina Faso (septembre 2003), il ressort que « les efforts en vue de remettre les responsabilités d’administration et de soutien financier de l’éducation entre les mains des collectivités locales posent un gros problème en raison de la pauvreté de nombreuses collectivités et de leur niveau élevé d’analphabétisme ».

Pour preuve près de 80% de la population burkinabé est analphabète et selon le ministre délégué chargé des collectivités, plus de 90% des conseillers ne savent ni lire ni n’écrire dans aucune langue dans beaucoup de conseils municipaux.

Ce rapport indique que « sans les capacités techniques, fondements institutionnels et bases de ressources appropriés, plusieurs sociétés villageoises du Burkina Faso sont mal préparées à assumer la responsabilité importante des écoles auxquelles, elles doivent envoyer leurs enfants »

Mais malgré tout le Gouvernement tient à sacrifier notre école au profit d’intérêts tout à fait étranger à notre peuple. Sa volonté affichée demeure la privatisation de l’école et son désengagement des charges éducatives. Il en sera de même pour tous les secteurs sociaux comme la santé, la culture, les sports et loisirs.

Obéissant au doigt et à l’œil aux directives des institutions de Brettons Wood sur le désengagement de l’Etat, depuis l’adoption des Programmes d’Ajustement Structurels (PAS) au début des années 90 et de leur remplacement par le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP), jugé plus présentable, le Gouvernement de la IV° République a entrepris une politique de privatisation de l’école qui se traduit par le développement fulgurant de l’enseignement privé et la création de nombreuses sources de recettes au public et cela dans tous les ordres d’enseignement : préscolaire, primaire, secondaire, supérieur. Les résultats d’une telle politique sont que l’École publique occupe une place de plus en plus réduite dans le système éducatif, comme cela ressort des déclarations de l’Union Nationale des Établissements d’Enseignement Privé Laïc (UNEE-PL) : « en 2005, 85% des enfants du préscolaire, 15% des élèves du primaire, 39,1% des élèves du secondaire, 85% des élèves de l’enseignement technique et 16% des étudiants » sont inscrits dans l’enseignement privé, (Cf. Le quotidien Le Pays n° 3704 du lundi 11 septembre 2006). La situation est encore plus révélatrice lorsqu’on prend les grands centres, ainsi la Direction régionale du MESSRS du Centre (Ouagadougou et ses environs) comptait en 2004, 22 établissements publics contre 53 privés ; et à Bobo, la deuxième ville du pays, il y avait à la même période seulement 5 lycées et collèges.

Au niveau du Supérieur la situation est similaire. On assiste à une floraison d’établissements destinés à l’enseignement supérieur du fait du désengagement progressif de l’Etat de ce secteur. Les bourses ont été quasiment supprimées dans cet ordre d’enseignement avec comme conséquences la misère qui frappe des milliers et des milliers d’étudiants et l’éjection du système, dès la première année, de la majorité des bacheliers qui accède à l’université. Dans les plans du FMI et de la Banque Mondiale nos pays n’ont pas besoin d’Université, vu que ces institutions disposent de cadres pour planifier et orienter la politique et l’économie de nos pays.

Dans sa politique d’enseignement privé, le pouvoir poursuit les objectifs suivants :

  • appliquer les diktats du FMI et de la Banque mondiale sur le désengagement de l’Etat des dépenses d’éducation ;
  • constituer pour la bourgeoisie réactionnaire, une base économique sur la base des sacrifices des parents d’élèves ;
  • émousser l’esprit de lutte chez de nombreux enseignants contraints de s’enfoncer dans la vacation, dans les établissements privés, pour survivre eu égard aux salaires de misère qui leur sont servis.

Pour assurer la pérennité et le développement de l’enseignement privé, le Gouvernement de la IV°République se donne les moyens d’atteindre ces objectifs. C’est tout le sens de la mesure d’octroi de la somme de 250 millions à l’UNEE-PL, pour, dit le Gouvernement, contenir les augmentations des frais de scolarité annoncées par les fondateurs d’établissements. En réalité, le domaine de l’enseignement privé est devenu un lobby puissant où de nombreux dignitaires du pouvoir font des affaires. Au public les sommes récoltées servent à entretenir les hommes de paille du régime que sont la plupart des chefs d’établissements publics, auteurs impunis de détournements, de corruption, de vente de places et de trafics divers. Les quelques cas qui ont défrayé la chronique, comme les cas du proviseur du Lycée Song-taaba, Madame DABO Sokhona ou de l’ex-proviseur du Lycée technique de Ouagadougou, BOUGOUMA Jérôme, ne sont que la partie visible de l’iceberg.

Aussi le PCRV appelle les parents d’élèves, les enseignants, les élèves, les étudiants et le peuple :

  • à prendre conscience de l’enjeu de la lutte autour de la question de l’école aujourd’hui. En effet les puissances impérialistes alliés au pouvoir antinational de la Ive République ont entrepris de liquider l’Ecole publique et gratuite, c’est à dire le droit à l’instruction des enfants du peuple. Ils ont entrepris d’hypothéquer le présent et l’avenir du pays en sacrifiant massivement sa jeunesse et ses capacités à promouvoir un développement et un progrès quelconque confirmant les plans des impérialistes américains dévoilés par Henri Kissinger contre le développement de l’Afrique qui doit rester une source de matières premières pour ces puissances ;
  • à soutenir la lutte des enseignants, élèves et étudiants pour l’amélioration de leurs conditions de vie, pour le droit à l’éducation et pour les libertés démocratiques dans le secteur de l’éducation. Ces luttes sont justes et vont dans le sens du progrès de notre pays. Les accusations récurrentes de manipulations des élèves, et étudiants ne sont que des épouvantails car aucun secteur de la vie sociale n’est en dehors de la lutte politique qui est un droit inaliénable de notre jeunesse et de notre peuple. Le CDP n’a-t-il pas de sections à l’université ?

Face à la faillite de l’école néocoloniale, la seule alternative est le renversement du pouvoir de la IV° République et l’instauration d’une République Démocratique et moderne à même d’ouvrir la voie au progrès et à la justice sociale dans notre pays. Dans le programme minimum du PCRV pour la RDM l’Ecole sera gratuite et obligatoire jusqu’à l’age de 16 ans minimum.

En avant pour une École démocratique et populaire ! Pain et Liberté pour le peuple

Le CC Novembre 2006


De l'eau, du pain, des soins pour le peuple !

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