PARTI COMMUNISTE REVOLUTIONNAIRE VOLTAIQUE

Le parti de l'action révolutionnaire

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !



Pensée brève

La force du mouvement national est fonction du degré de participation à ce mouvement des vastes couches de la nation, du prolétariat et de la paysannerie.

La révolution prolétarienne et le renégat KAUTSKY

Editions en langues étrangères. PEKIN 1970 - Page34

Editorial du journal de juillet-août

20 juillet 2011 --- Par PCOF

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Indignés, insurgés, ensemble pour une politique de front populaire révolutionnaire

La première intervention de C. Lagarde en tant que secrétaire général du FMI, a été une mise en demeure lancée au peuple grec d’accepter le deuxième plan d’austérité.

Cela ne fait que confirmer son ancrage néolibéral, assortie de sa “proximité intellectuelle des USA” comme se plaisent à le souligner les représentants de l’impérialisme US au sein du FMI. Il ne faudra pas longtemps pour que les manifestants grecs la brocardent en affiche, en pantin, en slogans, comme ils l’avaient fait avec son prédécesseur, DSK, ex candidat social-libéral à la présidence en France.

Il symbolisait, aux yeux des travailleurs et du peuple grec “insurgés” plus qu’indignés, l’arrogance de l’oligarchie financière prête à sacrifier des millions de personnes et hypothéquer gravement l’avenir de tout un pays, pour protéger les intérêts des banquiers, des spéculateurs et des marchés financiers.

Car tout ce système est ébranlé à la fois par une crise financière qui n’en finit pas et qui menace d’éclater à chaque instant et par le mouvement de résistance des jeunes “indignés” partout en Europe, les mouvements des peuples du Maghreb, les mobilisations ouvrières contre les plans d’austérité qui tombent les uns après les autres dans les différents pays. En prenant un peu de recul, on s’aperçoit de la formidable accélération de la lutte de classe qui mobilise des contingents toujours plus nombreux et souvent plus déterminés de travailleurs, des masses populaires. Bien sûr, tout cela n’avance pas d’un même pas, au même rythme, mais il est indéniable qu’il y a un mouvement d’entraînement, dans les têtes déjà. La référence à la révolution n’effraie plus comme cela a pu être le cas il y a peu encore. Le processus révolutionnaire en Tunisie y est pour quelque chose. Et de plus en plus, les militants, les travailleurs qui aspirent à un changement de société, peuvent prendre une part active dans ces combats menés ailleurs, en s’emparant, par exemple, de la question de l’annulation de la dette de la Tunisie. Ce sont les banques françaises qui détiennent une part importante de cette dette, instrument de pillage des richesses du pays que seul un régime dictatorial comme celui de Ben Ali, pouvait imposer.

“Le pacte pour l’euro” est commun à tous les pays de la zone Euro, mais aussi à ceux qui n’y appartiennent pas, mais qui sont liés par mille et un liens à cette zone. A travers la sacralisation de l’équilibre budgétaire, ce pacte impose des plans d’austérité partout, pousse plus loin la liquidation des mécanismes sociaux et des services publics, impose une baisse absolue des salaires et soumet les gouvernements et les institutions au contrôle et au diktat de l’oligarchie et des marchés financiers.

Face à l’ampleur de l’attaque, la riposte doit être la plus large, la plus unitaire possible et viser la coordination au niveau internationale. Deux secteurs sont particulièrement touchés par les conséquences de ces politiques : les femmes des milieux populaires et la jeunesse. La précarité et les discriminations de toutes sortes sont accentuées par la crise et les politiques d’austérité. Les femmes travailleuses, avec ou sans-papiers, ont pris leur place dans les grandes mobilisations sur les retraites et aujourd’hui, notamment dans le commerce, pour les augmentations de salaires. La campagne pour l’augmentation des salaires dans les métiers féminisés et pour l’égalité des salaires entre hommes et femmes, est appelée à se développer et à entraîner toujours plus d’organisations, associations féministes, syndicats, partis politiques…

Quant à la jeunesse, inspirée par les révoltes populaires dans les pays du Maghreb, si proches, et les mouvements de jeunes dans plusieurs pays d’Europe, elle veut se battre pour sortir de la précarité à vie et se forger un avenir de progrès.

Deux autres questions constituent des axes de mobilisation et de rupture à développer, de façon large, massive et unitaire. Il s’agit de la mobilisation pour sortir du tout nucléaire et des mobilisations contre la politique xénophobe de l’Etat, de la “préférence nationale” et de la criminalisation de l’immigration. Des collectifs se battent sur ces terrains sur lesquels la droite et l’extrême droite font de la surenchère. Nous avons là, des axes de mobilisation concrets, qui permettent de travailler au rassemblement des forces de la gauche de transformation sociale, de mener des politiques de front populaire, tout de suite et sur le long terme.

C’est la démarche que nous proposons de partager avec toutes les forces, dans des cadres unitaires, qui peuvent se prolonger et converger.

C’est la démarche du front populaire révolutionnaire que nous mettons en œuvre, maintenant !

Pour le retrait des troupes d’Afghanistan et de Libye, maintenant !

Au moment où l’impasse de la guerre menée par la coalition impérialiste en Afghanistan se traduit par un accroissement du nombre de soldats tués, le retrait des troupes s’impose avec toujours plus de force. Quant à la guerre contre la Libye, elle fait de plus en plus de victimes dans la population.

Le 12 juillet, Sarkozy faisait un voyage éclair en Afghanistan pour confirmer sa nouvelle stratégie militaire, callée sur celle d’Obama, à savoir un retrait programmé d’une partie des troupes d’occupation, assortie du « transfert de sécurité » à l’armée et la police formées par la coalition. Si aujourd’hui, Sarkozy dit « il faut savoir terminer une guerre », il aurait mieux fait de ne pas poursuivre et renforcer l’engagement militaire aux côtés de l’impérialisme US. L’envoi de renforts au lendemain de son élection, assorti de l’annonce d’un retour dans toutes les structures de commandement de l’Otan (et non, comme on entend souvent, d’un « retour dans l’Otan » que l’impérialisme français n’a jamais quitté) soulignent le caractère belliciste de la politique internationale qu’il n’a cessée de développer depuis qu’il est à la tête de l’Etat.

Mais une telle politique a un coût : près de 70 soldats tués en Afghanistan, avec un accroissement significatif ces derniers mois. Il y a le coût matériel : un milliard pour les « opérations extérieures » en 2011, dont un million par jour en Libye. Mais il y a surtout un immense coût payé par le peuple afghan, dont le pays est ravagé par la guerre engagée en 2001.

Le même jour, le Parlement votait la poursuite de l’engagement militaire en Libye. Seuls les députés et sénateurs du PCF et du PG ont voté contre. Les deux députés Verts ont voté avec la droite, le « centre » et le PS pour la poursuite de cette guerre.

En présentant la résolution devant le Parlement, Fillon a redit que la France « restait dans le cadre de la résolution de l’ONU ». Mais le but de cette guerre, engagée par l’impérialisme français allié à l’impérialisme britannique et reprise par l’Otan, est de se débarrasser de Kadhafi pour mettre en place un régime acquis aux intérêts des puissances impérialistes.

Le CNT veut jouer ce rôle. Ses représentants ont été reçus le 11 juillet par l’UE et l’Otan « comme des chefs d’Etat ». Après Paris, Londres et Washington, l’Otan a décidé de reconnaître le CNT comme « le seul représentant légitime du peule libyen ». Du coup, le CNT dispose de l’argent de l’Etat libyen qui avait été gelé dans les banques occidentales. Ce comité largement composé de transfuges de Kadhafi, d’exilés qui ont vécu aux USA ou dans les monarchies du Golfe, n’a de « légitimité » que celle que les dirigeants de la coalition ont décidé de lui reconnaître. Ils se soucient si peu du sort du peuple qu’ils ont demandé à l’Otan de poursuivre les bombardements durant le ramadan.

Le 13 juillet, un attentat a fait six morts dans les rangs des soldats français engagés en Afghanistan. Un camouflet pour Sarkozy et l’état major qui prétendent que la situation est maîtrisée et que la rébellion est affaiblie. Du coup, Sarkozy a voulu faire des cérémonies du 14 juillet un hommage national pour les soldats tués en Afghanistan.

Une virulente polémique s’est développée autour des propos d’Eva Joly qui a « osé » critiquer le caractère exclusivement militaire du défilé du 14 juillet. Elle n’a fait que pointer le doigt sur la confusion entretenue entre l’anniversaire de la prise de la Bastille et l’apologie de l’armée française. Et pas n’importe quelle armée ; celle qui mène la guerre en Libye, en Afghanistan, celle qui a participé au renversement de Gbagbo en Côte d’Ivoire.

Depuis, on assiste à un véritable déferlement de patriotisme militariste, de déclarations haineuses contre tous ceux et celles accusées d’être de « mauvais Français », dès lors qu’ils critiquent la politique de guerre menée par Sarkozy. Fillon en rajoute, en mettant en avant la « double nationalité » d’E. Joly, reprenant à son compte, et depuis la Côte d’Ivoire et le Gabon, la campagne nauséabonde et xénophobe de la « droite populaire » qui fait le pont avec le FN.

Devant la menace de crise, le gouvernement veut « rassurer les marchés » en aggravant sa politique d’austérité

Si le gouvernement s’est engouffré dans cette campagne, c’est qu’il veut aussi détourner l’attention de la grave situation dans laquelle sa politique plonge le pays. Cette politique, c’est celle qu’il veut constitutionaliser, au nom de la lutte contre les déficits publics. La « crise de la dette » se propage à tous les Etats de l’UE, sans parler des USA. Ce sont les marchés, qu’il faut toujours « rassurer » qui dictent leur loi, celle des gros actionnaires. Leur programme : le « pacte pour l’Euro », programme international d’austérité, de reculs sociaux, de diminution des salaires, pour faire payer la crise aux travailleurs et aux peuples.

Un de ses piliers, c’est l’injonction faite aux Etats de réduire les déficits publics. Sarkozy veut l’inscrire dans la constitution. Ce projet de réforme constitutionnelle appelé « la règle d’or » avait déjà été soumis au sénat qui l’a adopté. Il ne manque maintenant plus que le passage devant le congrès et son adoption pour qu’il soit inscrit dans la constitution. Pour le moment, Sarkozy n’est pas sûr de réunir au Congrès la majorité des 3/5 nécessaire. Un collectif d’organisations s’est mis en place pour informer sur les enjeux de cette réforme constitutionnelle qui « graverait dans le marbre » le diktat des marchés financiers.


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