PARTI COMMUNISTE REVOLUTIONNAIRE VOLTAIQUE

Le parti de l'action révolutionnaire

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !



Pensée brève

La force du mouvement national est fonction du degré de participation à ce mouvement des vastes couches de la nation, du prolétariat et de la paysannerie.

La révolution prolétarienne et le renégat KAUTSKY

Editions en langues étrangères. PEKIN 1970 - Page34

TIRONS LES LECONS DE NOS LUTTES POUR APPROFONDIR LE MOUVEMENT POPULAIRE

20 avril 2014 --- Par PCRV

Version imprimable de cet article Version imprimable
[ télécharger l'article au format PDF ]

Le fait marquant dans notre pays, la Haute-Volta dite Burkina Faso ces dernières années, est l’irruption sur la scène politique avec leurs revendications pressantes des couches populaires qui jadis se laissaient opprimer, exploiter sans murmures, qui apprennent à prendre en charge leur destinée à travers des luttes puissantes pour sortir de la misère et de la détresse profonde qui les frappent depuis des décennies et particulièrement sous le pouvoir de la IV° République du capitaine Blaise COMPAORE du fait de l’exploitation néocoloniale capitaliste ; exploitation néocoloniale capitaliste rendue féroce avec l’application zélée des « remèdes » et directives du FMI, de la Banque Mondiale et autres officines impérialistes.

En effet, depuis les émeutes de la faim de 2008, il n’y a pas un jour qui passe sans que des paysans pauvres, des ouvriers et travailleurs salariés, les couches pauvres des villes constituées d’ouvriers, d’apprentis, de petits commerçants, d’artisans, essentiellement de la frange jeune de la population, qui vivent au jour le jour du fait de leur relégation dans le secteur informel, ne se révoltent et développent des actions parfois insurrectionnelles pour le droit à une vie décente, à la justice et à la liberté et pour un changement véritable en faveur du peuple.

Cela est l’expression pratique et concrète de l’approfondissement de la crise révolutionnaire qui secoue notre pays depuis le crime odieux de Sapouy. Cette crise révolutionnaire qui se développe par palier depuis lors a pris une ampleur inégalée aujourd’hui avec le développement du mouvement populaire inédit dans notre pays que traduisent les mobilisations massives lors des différents marches et meetings de l’opposition bourgeoise réactionnaire et la coalition contre la vie chère et des organisations syndicales de juin, juillet 2013 et du début de cette année 2014. La profondeur de la crise est telle qu’elle à conduit à l’explosion du parti au pouvoir, le CDP et à une reconfiguration de la scène politique nationale avec comme enjeu le changement fondamental en faveur du peuple ou une réforme du régime capitaliste néocolonial qui consolide le système néocolonial et la domination néocoloniale principalement française dans notre pays.

Face à la montée des luttes populaires qui ont profondément ébranlé et affaibli le camp du pouvoir et de la bourgeoisie réactionnaire, le capitaine Blaise COMPAORE a été obligé de prendre des mesures le 24 mars 2014 concernant les salaires des travailleurs avec l’amélioration de la grille indemnitaire, de mettre en place un minimum de contrôle des prix et des boutiques dites témoins, d’augmenter légèrement la bourse des étudiants, de mettre en place des travaux HIMO et des fonds pour les femmes, etc.

Ces mesures sont le fruit de la lutte des travailleurs et du peuple et elles traduisent un changement dans le rapport de forces entre le pouvoir de la IV° République, la bourgeoisie réactionnaire et la classe ouvrière et le peuple. Ces acquis aussi minimes soient-ils confirment l’expérience historique de notre peuple à savoir que « seule la lutte paie ».

Ce que le pouvoir de la IV° cherche à travers ces mesures c’est un répit pour se réorganiser et faire face aux luttes et au mouvement populaires en développement. Il tente de se présenter comme un pouvoir soucieux des intérêts du peuple. En vérité, la misère et la détresse qui frappent le peuple ont pour origine l’exploitation et le pillage de notre pays par les monopoles et puissances impérialistes associés aux éléments de la bourgeoisie réactionnaire des différentes clans au pouvoir et non au pouvoir.

Depuis 1991, notre pays est sous le régime des différents Programmes d’ajustement structurel affublés récemment du nom de « Stratégie de croissance accélérée et de développement durable » (SCADD) qui s’est traduit par :

• Les privatisations sauvages des entreprises et sociétés d’Etat avec la liquidation de secteurs entiers de l’économie nationale et la désolation pour des milliers de travailleurs licenciés, déflatés, etc.

• Le désengagement de l’Etat des secteurs sociaux avec la privatisation de la Santé, de l’École et de l’Université associée à la politique du recouvrement des coûts qui a exclu des millions de citoyens du droit à l’École et à la Santé ;

• Le pillage des ressources naturelles du pays que sont l’or, le manganèse, le coton et autres produits par les monopoles impérialistes et des éléments des clans agglutinés autour de la famille COMPAORE et autres pontes du CDP, militaires et civils ;

• Le blocage des salaires et des rémunérations associé à la dévaluation du F CFA qui a jeté des millions de salariés et de citoyens dans une misère indicible et une certaine clochardisation.

• Durant des années, les sociétés d’Etat comme l’ONEA, la SONABEL, la LONAB, ont fonctionné comme des caisses noires pour le régime, ce qui fait que peu d’investissements ont été faits pour améliorer l’accès à l’électricité et à l’eau ; c’est ce qui a conduit à la crise majeure de l’électricité et de l’eau qui frappe notre pays aujourd’hui ;

• Durant cette période, les clans au pouvoir se sont enrichis dans le cadre de ce pillage et ont amassé des fortunes colossales soit directement, soit à travers des hommes liges ou prête-noms. C’est ainsi qu’ont surgi des personnages comme Alizet GANDO, OBOUF, KADHAFI, KANAZOE Inoussa, GUIRO Ousmane, etc.

Il ressort clairement, de ces quelques exemples, que la vie chère, le manque de justice et de liberté, sont liés à la politique de pillage, de corruption et d’exploitation capitaliste néocoloniale de notre pays et du peuple par le pouvoir de la IV° République et ses alliés impérialistes.

Dans ces conditions, les mesures prises par le pouvoir ne sont pas une solution sérieuse et encore moins durable. A titre d’exemple, la politique de libéralisation des prix, appliquée depuis 1991, ne permet pas d’instituer un contrôle sérieux des prix. C’est pourquoi le Gouvernement se contente de boutiques témoins au lieu de remettre en place les régies publiques comme FASO YAAR. C’est pourquoi, les masses populaires, qui entrent en lutte aujourd’hui, posent avec acuité la question du changement radical en leur faveur.

Le PCRV, parti d’avant-garde de la classe ouvrière, salue et soutient toutes les luttes populaires qui se développent et assure le prolétariat et le peuple qu’il ne ménagera aucun effort et sacrifice pour l’aider à conduire le mouvement à la victoire.

Le PCRV appelle la classe ouvrière et le peuple à s’organiser et à se battre avec lui pour leurs droits sociaux et démocratiques, pour la liberté et pour le changement fondamental en faveur du peuple.

A travers les nombreuses luttes qui se développent, le mouvement populaire gagne en ampleur et en profondeur. La classe ouvrière, la paysannerie et l’ensemble du peuple prennent conscience de leur force et de leur capacité à chasser du pouvoir tous ces pilleurs et exploiteurs qui ont bradé notre pays à l’impérialisme notamment français.

Aujourd’hui, la classe ouvrière et le peuple se rendent compte, à travers les luttes organisées, que non seulement on peut arracher des acquis pour améliorer leurs conditions de vie et de travail mais aussi qu’on peut réaliser de grandes choses si on est organisé et combattif.

Aucun changement sérieux ne peut se faire dans la continuité de la IV° République comme le prônent les fractions bourgeoises réactionnaires et l’aile supérieure de la petite bourgeoisie au pouvoir et non au pouvoir.

Aucun changement sérieux en faveur du peuple ne peut se faire en laissant en paix et dans la tranquillité tous ces gens qui ont mis le pays en faillite, instauré des mœurs politiques barbares au sein des forces armées et dans le pays, ce qui a conduit aux assassinats les plus odieux des fils et filles de ce pays ; des gens qui ont pillé l’économie nationale et organisé un véritable hold up sur les ressources naturelles et minières de ce pays (terres, or, zinc, manganèse, etc.), institué l’impunité des crimes économiques et de sang comme mode de gouvernement ; des gens qui ont, par leur politique aventuriste, contribué à semer la désolation dans les pays de la sous-région voire plus loin comme le Libéria, la Sierra Leone, l’Angola, la Côte-d’Ivoire et plus récemment au Mali avec comme conséquences des menaces graves pour la paix et la sécurité dans notre pays.

Sans le règlement de toutes ces questions pendantes aucun changement véritable au profit du peuple ne peut être envisagé de façon sérieuse.

Les quelques concessions que le pouvoir du capitaine Blaise COMPAORE est obligé de faire aujourd’hui, à travers les mesures dites sociale, sont le fruit de la lutte de notre peuple qui prend de plus en plus conscience de sa force. C’est pourquoi, plus que jamais, cette lutte doit prendre de l’ampleur, être organisée et consciente pour arracher encore plus d’acquis tout en élevant le mouvement pour créer un rapport de force plus important capable de mettre fin à la IV° République et à la domination néocoloniale impérialiste de notre pays.

L’expérience historique montre que la classe ouvrière et le peuple sont leurs propres sauveurs et cela par la lutte organisée et consciente sous la direction du Parti communiste, avant-garde de la classe ouvrière.

Le PCRV appelle la classe ouvrière et le peuple à renforcer ses organisations de lutte notamment la CCVC et à s’organiser avec lui pour le renversement du pouvoir de la IV° République, la mise en place d’un Gouvernement Révolutionnaire Provisoire et une Constituante en vue de l’édification d’une République Démocratique Moderne.

Pain et liberté pour le peuple !

Vive la Révolution Nationale Démocratique et Populaire !

Ouagadougou le 20 avril 2014

Le Comité Central


De l'eau, du pain, des soins pour le peuple !

SPIP