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Editions en langues étrangères. PEKIN 1970 - Page34

LA CRISE DE L’ENERGIE ET DE L’EAU OU LA FAILLITE DU POUVOIR DE LA IV° REPUBLIQUE

25 avril 2014 --- Par PCRV

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Notre pays fait face à une crise de l’énergie et de l’eau sans précédent qui se traduit par des coupures intempestives d’électricité et d’eau qui viennent aggraver les mauvaises conditions de vie des populations et jeter dans la détresse des milliers d’artisans, de petits commerçants qui vivent au jour le jour et qui dépendent de la disponibilité de l’électricité pour mener leurs activités, sans oublier l’impact sur les conditions d’hygiène, l’éducation et la production économique.

La crise de l’eau qui est venue se conjuguer cette année avec la crise de l’énergie n’a fait qu’empirer la situation avec des menaces graves sur la santé publique.

La crise de l’énergie s’exprime aussi à travers l’incapacité du pouvoir de la IV° République à fournir de l’électricité à bon marché et en abondance à la population et à assurer un service d’eau potable accessible à la majorité de la population.

En effet sur 100 ménages, au maximum 20 ont accès à l’électricité et la consommation moyenne par tête d’habitant est de l’ordre de 60 KWh par an contre un minimum requis pour des conditions de vie décente de 500 KWh par personne et par an. Ainsi donc non seulement le pouvoir de la IV° République est incapable d’assurer l’accès de la majorité de la population à l’électricité mais même pour la minorité qui y a accès, il n’est pas capable d’assurer la continuité du service.

Dans le cas de l’accès à l’eau potable, environ 4 personnes sur 10 n’y ont pas accès et la majorité de ceux qui y ont accès ne disposent pas de 40 litres par personne et par jour considéré comme le minimum pour des conditions de vie décentes.

Cette crise de l’énergie se traduit aussi par les ruptures fréquentes et intempestives de l’approvisionnement du pays en gaz pour les besoins de la cuisine jetant dans le désarroi des centaines de milliers de familles. Face aux interpellations légitimes et aux cris de détresse du peuple et des citoyens quelle est la réponse du Gouvernement notamment de son chef, le Premier Ministre Luc Adolphe TIAO ? Pour ce dernier c’est parce que les salariés ont accès à la climatisation dont les prix auraient baissé que la consommation d’électricité aurait augmenté entrainant des déficits au niveau de la SONABEL. Mieux il a déclaré que le gouvernement n’avait pas de solution à l’échelle du Burkina à la crise. Lors des questions au gouvernement suite au discours du Premier Ministre sur l’état de la nation à l’Assemblée Nationale, un député CDP a déclaré péremptoirement que la solution au problème d’électricité ne pouvait venir que des autres pays de l’Afrique de l’Ouest. Autrement, le Premier Ministre et le pouvoir de la IV° République ont fait un aveu de faillite complète. Le Ministre de l’énergie et le Premier Ministre dans ces conditions doivent simplement démissionner pour incapacité à répondre aux aspirations des masses.

En vérité la crise de l’électricité trouve sa source dans la mise en œuvre des Programmes d’Ajustement Structurels connus aujourd’hui sous la dénomination de Stratégie pour la Croissance Accélérée et le Développement Durable (SCADD). En effet, depuis 1991, le FMI et la Banque Mondiale ont incité le pouvoir de la IV° République à miser toute sa stratégie sur les interconnexions avec les pays voisins comme la Côte d’Ivoire, le Ghana voire plus loin le Nigeria pour approvisionner le pays. C’est pourquoi aucun plan d’investissement sérieux pour augmenter la capacité productive d’électricité n’a été mise en place. La stratégie mise en place a échouée lamentablement et c’est dans ces conditions que la SONABEL s’est engagée dans des mesures d’urgence avec la mise en place de la centrale de KOMSILGA dont on connaît les péripéties en raison de la cupidité et de la voracité des hommes qui gouvernent ce pays.

Cette stratégie de compter sur les interconnexions seulement, pour approvisionner le pays ne pouvait qu’échouer en raison du fait que tous les pays de l’Afrique de l’Ouest vivent des déficits importants tout en étant toutefois inadmissibles pour un état souverain. Le Ghana qui produit en moyenne 14 milliards de KWh par an et la Côte d’Ivoire qui produit 7 milliards de KWh par an, n’ont pas suffisamment d’énergie pour assurer de façon continue et satisfaisante leurs besoins. Ils ne peuvent dans ces conditions être des sources fiables d’approvisionnement.

La situation que notre peuple vit aujourd’hui avec ces coupures d’électricité et d’eau est la conséquence des politiques d’ajustement structurel et néolibérales appliquées avec zèle par le pouvoir du capitaine Blaise COMPAORE et de la cupidité des clans au pouvoir notamment François COMPAORE, le Ministre de l’énergie Salif KABORE en sa qualité d’ancien Directeur Général de la SONABEL qui ont fait de cette société, une vache à lait pour les besoins de la maffia constituée par ce clan. Dans ces conditions tous les slogans sur l’émergence du pays, sur la croissance accélérée ne sont que des mots pour berner et rouler le peuple.

La colère et l’indignation populaires qui montent sont légitimes et le PCRV encourage le peuple à exiger des comptes au pouvoir de la IV° République et à lutter pour mettre fin au pouvoir de la IV° République qui fait la preuve quotidiennement de sa faillite, de son incurie et de son irresponsabilité devant des questions fondamentales comme la question de l’énergie et de l’eau. Les citoyens sont d’autant indignés qu’ils sont parmi les meilleurs payeurs en Afrique. Malgré le coût exorbitant de l’électricité au Burkina, le taux de recouvrement de la SONABEL est l’un des meilleurs. Mieux la SONABEL qui est incapable de respecter ses contrats de livraison inflige des pénalités de retard aux consommateurs en retard de paiement des factures. Le PCRV dénonce cette situation et appelle la classe ouvrière et le peuple à organiser la protestation contre cette situation et exiger du gouvernement que des mesures soient prises pour faire cesser ces coupures. L’expérience a montré que sans luttes organisées et conscientes le peuple ne peut rien arracher de ce pouvoir.

Le PCRV exige la suspension du paiement des pénalités de retard, le dédommagement des préjudices portés aux activités économiques.

Le PCRV appelle enfin le peuple à s’organiser avec lui pour le renversement du pouvoir de la IV° République et l’instauration d’une République Démocratique Moderne.

Pain et liberté pour le peuple

Vive le PCRV

Le Comité Central

Avril 2014


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