PARTI COMMUNISTE REVOLUTIONNAIRE VOLTAIQUE

Le parti de l'action révolutionnaire

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Pensée brève

La force du mouvement national est fonction du degré de participation à ce mouvement des vastes couches de la nation, du prolétariat et de la paysannerie.

La révolution prolétarienne et le renégat KAUTSKY

Editions en langues étrangères. PEKIN 1970 - Page34

MESSAGE A L’OCCASION DU MEETING DE COMMEMORATION DU 1ER MAI Cotonou 2014

1er mai 2014 --- Par PCB

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Camarades travailleurs, chers amis,

Le Parti Communiste du Bénin, le PCB, remercie les organisateurs des présentes manifestations pour son invitation à prendre la parole à l’occasion de la commémoration du 1er mai, fête internationale du Travail. Déjà, à cette occasion et en date du 30 avril 2014, le 1er Secrétaire du PCB, Philippe NOUDJENOUME, a fait une adresse à la classe ouvrière et à tous les travailleurs pour leur demander de « Se lever pour débarrasser le pays de la fatalité actuelle ». Il indiquait que « le 1er Mai n’est pas une date de bombance, mais de réflexion sur les sacrifices consentis et que consentent les travailleurs salariés, producteurs de richesses mais qui manquent du minimum vital pour vivre ». Le PCB félicite par conséquent les organisateurs ainsi que tous les participants aux présentes manifestations de rue pour leur poursuite de la tradition révolutionnaire de la classe ouvrière.

Camarades travailleurs,

Notre pays vit des heures graves qui déterminent son avenir. Ce n’est pas trop de le souligner. Notre pays est sinistré, le monde du travail est sinistré, en destruction systématique par le pouvoir en place comme l’indique bien le thème sous lequel vous placez cette journée. C’est ce qui explique les luttes continues depuis des mois par des travailleurs dans tous les secteurs et notamment la longue grève générale depuis quatre mois bientôt, grève qui se maintient malgré les intimidations et menaces, malgré les complots et trahisons. Notre pays a besoin d’une autre gouvernance dans tous les domaines, économique, salarial, éducationnel, énergétique, politique et moral. Notre pays a besoin de rompre avec les mensonges au sommet de l’Etat, le gangstérisme au sommet de l’Etat, la fraude au sommet de l’Etat, les crimes de sang au sommet de l’Etat, la répression de masse dictée depuis le sommet de l’Etat. C’est le véritable enseignement que donnent les luttes des travailleurs, luttes qui interpellent tous les démocrates véritables, tous les patriotes, toutes les autres couches populaires. C’est pourquoi, le PCB renouvelle son soutien aux travailleurs en lutte dans tous les secteurs et leur demande d’aller de l’avant, d’aller vers toutes les autres couches pour réaliser une nouvelle gouvernance dans ce pays.

Ceux qui vivent du système en place dénient aux travailleurs le droit et le devoir de lutter pour une nouvelle gouvernance, pour un pouvoir à leur profit, pour le pouvoir des travailleurs et des peuples. Boni YAYI et son gouvernement ont été les premiers, dès le début des grèves, à vous accuser de vouloir déstabiliser son pouvoir. Vous avez méprisé ces propos incongrus et rappelé que sans vos luttes contre l’autocratie, il n’y aurait pas eu de démocratie au Bénin. Mais il est triste de constater que c’est du rang des responsables qui ont abandonné les combats que l’on entend des menaces contre des travailleurs en lutte, que l’on entend des attaques furieuses contre le droit des travailleurs et des syndicats de mener des luttes politiques. On les entend fulminer contre l’insurrection, contre la contribution des travailleurs au départ immédiat du pouvoir de Boni YAYI.

Et pourtant quiconque réfléchit sérieusement à l’avenir du pays, à l’avenir de la jeunesse ne peut que conclure à la nécessité du départ immédiat de Boni YAYI du pouvoir. Ce pouvoir a commis tellement de crimes économiques, de crimes de sang (disparitions, assassinats non élucidés), de fraude électorale que son maintien jusqu’à la fin du mandat usurpé serait un précédent grave pour l’avenir. Ensuite, rien ne présage de la volonté de Boni YAYI de quitter le pouvoir en 2016. Le projet de loi de révision de la Constitution est toujours en standby au Parlement. La LEPI truquée est incorrigible, son audit ayant été renvoyée par la loi en 2017, donc après 2016. La soi-disant correction en cours a consisté à rajouter aux anciens paquets de fraude de nouveaux paquets par chacun des partis du Renouveau par l’intermédiaire des élus locaux qu’ils contrôlent. La LEPI en correction donne donc au pouvoir de Boni YAYI toutes les cartes pour répéter des K.O comme il voudra. Déjà, le député Gbadamassi, qui sait bien ce dont il parle a annoncé lors d’une tournée que les prochaines élections seront gagnées par K.O par la mouvance présidentielle. Le maire Gbédan de Sèmè déclare qu’il faut 25 ans au pouvoir en place pour finir l’oeuvre entamée. C’est dire que ceux qui combattent le droit des travailleurs à lutter pour le renversement immédiat du pouvoir corrompu et tyrannique de Boni YAYI se font les complices - inconscients peut-être

  • d’un nouveau drame pour les travailleurs et le peuple. Au mieux, avec la LEPI truquée en ses mains, Boni YAYI s’il est maintenu jusqu’à la fin de son mandat usurpé, à défaut de lui-même pourra faire élire n’importe quel "mouton" à sa dévotion pour couvrir ses arrières et recommencer les mêmes malheurs pour le peuple. Ceux qui comptent sur 2016 et attendent sèment donc de graves illusions au sein de l’opinion publique pour des intérêts étrangers aux travailleurs, à la jeunesse et au peuple.

Ce qui est aujourd’hui non seulement légitime, démocratique, patriotique, éthique, mais surtout réaliste pour une alternance véritable dans le pays, c’est de souhaiter, de vouloir le départ immédiat, de lutter pour le départ immédiat de Boni YAYI du pouvoir. Ce qui est légitime, patriotique, démocratique, éthique, c’est de soutenir le droit du peuple à l’insurrection à cet effet. A ce propos, nous rappelons que le droit à l’insurrection est un droit reconnu par toutes les constitutions démocratiques et par notre constitution. La reconnaissance mondiale des pouvoirs issus des insurrections récentes en Tunisie, en Egypte, en Ukraine, le montre bien.

Par ailleurs, l’insurrection n’est pas étrangère à nos traditions positives, au contraire. Dans beaucoup de régions dans notre pays, pour laver un sacrilège contre les lois de la nature et de la société, tout le peuple se lève, branchage au poing pour bannir les auteurs du sacrilège. Cette tradition, les populations et travailleurs l’ont mise en oeuvre à maintes reprises dans notre pays. Depuis 1960, il y a eu l’insurrection en 1963, en 1967, en 1989-90. La statue symbolisant l’insurrection d’octobre 1963 est toujours dans l’enceinte de la Bourse du Travail à Cotonou et c’est une honte pour un chef syndicaliste siégeant à la Bourse du Travail de tenir des propos blasphématoires par rapport à ce symbole. Chaque fois, l’insurrection a eu pour cibles des pouvoirs corrompus, dictatoriaux. En 1963, 1967, le PCB n’existait pas encore. C’est dire encore une fois, comme la grève, l’insurrection ne se commandite pas. La réunion des conditions de l’insurrection est indépendante de la volonté de qui que ce soit. La réunion de ces conditions dépend de plusieurs facteurs, dont le plus important vient de la politique du pouvoir et des autorités en place. Et lorsque ces conditions sont réunies, rien ne peut empêcher son déclenchement. Mieux, en ces moments là, les adversaires de l’insurrection par leurs cris de fureur contre l’insurrection sont les premiers à faire l’agitation pour elle. Que les TODJINOU, venant au secours du pouvoir de Boni YAYI continuent donc de vociférer contre l’insurrection. Ils permettront aux travailleurs, à la jeunesse combattante et au peuple d’une part de mieux situer les camps en présence, et d’autre part de mieux connaître cette forme de lutte, ses objectifs et de mieux la préparer.

Pour le PCB, l’insurrection, le soulèvement populaire est un droit légal, constitutionnel des travailleurs et des peuples. Il défend ce droit du peuple. C’est un droit fondateur de toute démocratie et lorsque la démocratie est en danger, l’insurrection devient nécessaire pour la rétablir. Telle est la situation actuelle dans notre pays. Et lorsque les travailleurs et les peuples mettront ce droit en exécution, le PCB sera à leur côté pour la moindre douleur possible et pour son issue heureuse, à savoir le pouvoir des travailleurs, un pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Les travailleurs, producteurs des richesses, ont cette mission historique d’accomplir cette révolution pour une autre gouvernance, pour le patriotisme et la probité érigée en loi pour l’avenir heureux du pays, de la jeunesse.

VIVE LE 1ER MAI. VIVE LA CLASSSE OUVRIERE COMBATTANTE DU BENIN !

A BAS LE POUVOIR TYRANNIQUE DE BONI YAYI !

VIVE LE POUVOIR DES TRAVAILLEURS ET DES PEUPLES !

Cotonou, le 1er mai 2014

Pour le PCB

Le porte-parole

Jean Kokou ZOUNON


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