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La révolution prolétarienne et le renégat KAUTSKY

Editions en langues étrangères. PEKIN 1970 - Page34

Salut au soulèvement populaire qui a chassé du pouvoir le dictateur assassin Blaise COMPAORE au Burkina Faso !

2 novembre 2014 --- Par Parti des Travailleurs (TOGO)

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Au terme d’une formidable mobilisation populaire en marche depuis plus d’un an et qui s’est dénoué dans les deux glorieuses journées insurrectionnelles des jeudi 30 et vendredi 31 octobre 2014, le peuple burkinabè, faisant preuve d’une exceptionnelle détermination dans tout le pays, a réussi à chasser du pouvoir le dictateur assassin Blaise COMPAORE.

Entendant se maintenir au pouvoir à vie comme le dictateur togolais Etienne EYADEMA GNASSINGBE qui a toujours été pour lui un modèle, Blaise COMPAORE entendait s’engager dans une politique du pire en recourant à la violence d’un nième coup d’Etat constitutionnel que le peuple burkinabè a su défaire par une puissante mobilisation malgré une sanglante répression qui a fait une trentaine de morts.

Le Parti des travailleurs du Togo tient à saluer cette puissante révolution du peuple burkinabè et s’incline devant la mémoire des martyrs qui sont tombés dans cette lutte pour le respect de la souveraineté populaire au Burkina Faso.

Le Parti des travailleurs salue dans la chute du dictateur assassin Blaise COMPAORE un événement d’une considérable portée politique non seulement pour le peuple burkinabè mais aussi pour les peuples togolais, africains et du monde entier. C’est pour cette raison que cette révolution a tout particulièrement été saluée et accueillie avec enthousiasme par les peuples de tous les pays africains où certains dictateurs en place attendaient que leur compère COMPAORE ait réussi son coup d’Etat constitutionnel pour en faire de même chez eux dans la prochaine période notamment au Congo démocratique, au Congo Brazzaville, au Bénin, au Burundi, au Rwanda, au Gabon, en Côte d’Ivoire et bien sûr au Togo !

Qui est donc Blaise COMPAORE ?

• Celui-là même qui, pour se porter au pouvoir, a assassiné, le 15 octobre 1987, son propre ami, le Capitaine Thomas SANKARA, le tribun, alors chef de l’Etat qu’il a renommé Burkina Faso (pays des hommes intègres), pourfendeur de l’impérialisme et de ses institutions comme le FMI et la Banque mondiale, avec lequel ils avaient pourtant ensemble conquis le pouvoir lors du soulèvement du peuple burkinabè.

• Celui-là même qui a assassiné de façon ignoble le célèbre journaliste d’investigation Norbert ZONGO et son compagnon Délé GIWA, en les faisant brûler vifs dans leur voiture sur la route de Sapouy, tout comme il a assassiné bien d’autres citoyens burkinabè innocents avant et après ce crime : Oumarou Clément OUEDRAOGO, Guillaume SESSOUMA, l’étudiant Dabo BOUKARI, l’écolier FLAVIEN NEBIE, l’élève Justin ZONGO, etc.

• Le pompier-pyromane impliqué dans tous les conflits armés en Afrique de l’Ouest qu’il n’a cessé d’alimenter en faisant du Burkina Faso la plaque tournante de trafics d’armes et mercenaires en tous genres vers tous les pays en guerre ou conflit dans cette sous-région : Liberia, Sierra-Leone, Guinée, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Togo, etc. où plusieurs dizaines de milliers d’innocents citoyens ont été impunément massacrés. Pyromane, cet artisan de tous ces génocides, réputé pour son machiavélisme et son cynisme, n’a pourtant cessé de se présenter en pompier-« médiateur » dans ces mêmes conflits, avec le soutien des grandes puissances impérialistes dont il a toujours défendu les intérêts. Homme lige tout particulièrement de l’impérialisme français, il n’a jamais été inquiété pour tous ces crimes et trafics, malgré sa fréquente mise en cause par nombre de rapports de l’ONU fondés sur d’irréfutables enquêtes.

C’est pourquoi, au nom du combat contre l’impunité que les organisations démocratiques du Burkina Faso n’ont jamais cessé de mener avec conséquence, Blaise COMPAORE, qui a réussi à s’enfuir du pays, doit être arrêté pour répondre de tous ses crimes et être jugé et sévèrement châtié, exigences pour la satisfaction desquelles le Parti des travailleurs fait confiance au peuple burkinabè de combattre avec la même détermination dont il a fait preuve lors de sa révolution.

Quelles conséquences pour la situation togolaise ?

Le Parti des travailleurs tient d’abord à regretter que, malgré ses incessants mises en garde et appels à la lucidité ainsi qu’à la raison, l’écrasante majorité des partis institutionnels de l’opposition togolaise n’a jamais cessé de s’entêter à trouver, en la personne du fieffé dictateur Blaise COMPAORE, un incontournable interlocuteur et sempiternel « médiateur » qui n’a pourtant jamais cessé de les berner depuis plus de 21 ans, pour sauver le pouvoir sanguinaire du clan des EYADEMA-GNASSINGBE. Au moment où COMPAORE vient d’être chassé du pouvoir, quel autre bilan peut-on tirer de leur incompréhensible aveuglement à lui avoir fait confiance que celui du catastrophique désastre politique dans lequel se débat le Togo depuis qu’ils ont accepté qu’il préside aux destinées de toutes ces négociations, dialogues et accords qui n’ont été que marchés de dupes à répétition ? Ceci, depuis les tristement célèbres négociations et accords de Ouagadougou I, II et III qui ont accouché de la terrible débâcle électorale du 25 août 1993 où la mascarade qu’il a concoctée a servi à sauver le pouvoir moribond d’EYADEMA jusqu’à l’Accord politique global (APG) du 20 août 2006 que Faure Essozimna EYADEMA-GNASSINGBE méprise aujourd’hui après qu’il ait servi à lui garantir une totale impunité pour le génocide par lequel il s’est porté au pouvoir en 2005.

Comment donc a-t-on pu rêver qu’un Blaise COMPAORE qui a assassiné Thomas SANKARA pour se porter au pouvoir puis Norbert ZONGO, Délé GIWA et nombre de démocrates puisse avoir une autre politique que de sauver la dictature sanglante du clan des EYADEMA-GNASSINGBE qui, comme lui, a assassiné Sylvanus OLYMPIO pour se porter au pouvoir en 1963/67 avant de massacrer plus d’un millier d’autres citoyens innocents lors du génocide de l’année 2005 pour s’y maintenir ?

Non, un cynique dictateur assassin au Burkina Faso ne peut jamais se muer miraculeusement en un fervent artisan de la démocratie au Togo !

C’est pour avoir oublié cette élémentaire vérité que les partis institutionnels de l’opposition togolaise ont fait sombrer le formidable processus plein de promesses engagé par le peuple togolais depuis le soulèvement populaire du 5 octobre 1990 dans l’impasse dans laquelle il se débat depuis bientôt 25 ans.

Le peuple burkinabè vient de montrer la voie :

Parole et action au peuple togolais !

Place à la jeunesse togolaise !

Ce qui vient de se passer au Burkina Faso est riche d’enseignements pour le peuple togolais : à nouveau, la preuve vient d’être faite qu’un peuple mobilisé et déterminé est invincible !

C’est pourquoi le Parti des travailleurs considère que la conséquence logique à tirer de l’échec du coup d’Etat constitutionnel de Blaise COMPAORE au Burkina Faso par le peuple togolais et les organisations qui parlent en son nom est toute simple :

• Mobilisation inconditionnelle et immédiate pour que soit déclaré nul et non avenu le coup d’Etat constitutionnel par lequel Etienne EYADEMA-GNASSINGBE a fait sauter le verrou de la limitation à deux du mandat présidentiel, le 30 décembre 2002 !

• En conséquence : NON ! à toute candidature de Faure Essozimna EYADEMA-GNASSINGBE à une quelconque élection présidentielle en 2015 !

Le Parti des travailleurs tient à faire remarquer que, dans sa Déclaration du 4 octobre 2014 commémorant le 24e anniversaire du soulèvement populaire du 5 octobre 1990 et lançant un débat préparatoire à la commémoration de son 25e anniversaire, il indiquait :

« Lorsqu’on revisite l’histoire des luttes du peuple togolais contre le joug colonial français et l’oppression dictatoriale, on constate que (tous les 25 ans où, historiquement, se renouvellent les générations) les différentes générations qui se sont succédé ont su prendre d’une façon ou d’une autre leurs responsabilités pour que nous en arrivions à notre émancipation d’aujourd’hui.

(…) Dans la situation d’impasse où ceux-là mêmes qui ont au départ porté le soulèvement populaire du 5 octobre 1990 ou qui ont accaparé sa direction l’ont trahi, au nom de la défense de leurs propres intérêts, c’est à la nouvelle génération de jeunes, vouée au manque d’avenir et de perspectives, qu’il revient de relever les précédentes en se portant à l’avant-garde du combat pour en finir avec ce régime cinquantenaire qui n’a suscité que sang, douleurs, misère et larmes au peuple togolais. »

25 jours à peine après que cette Déclaration ait été rendue publique, se portant à l’avant-garde de son peuple, la nouvelle génération incarnée par cette jeunesse burkinabè née sous le règne de Blaise COMPAORE qui a pris le pouvoir dans ce pays il y a de cela 27 ans, vient de le balayer, donnant à nouveau à cette loi de l’histoire une éclatante vérification tout en montrant ainsi la voie à toute la jeunesse et à tous les peuples d’Afrique et du monde !

A la nouvelle génération de jeunes togolais, il appartient d’emboîter le pas à leurs frères devanciers du Burkina Faso !

Vive la révolution du peuple burkinabè !

En avant, jeunesse et peuple togolais : mobilisés et déterminés, nous vaincrons !

Faure Essozimna EYADEMA-GNASSINGBE : DEGAGE comme Blaise COMPAORE !

Lomé, le 2 novembre 2014

Pour le Parti des travailleurs,

Le Secrétaire chargé de la coordination

Claude AMEGANVI


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